Doctor Strange in the Multiverse of Madness - La critique du film !

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Attendu depuis son annonce en 2019 pour être potentiellement le prochain échelon à grandes conséquences de l’Univers Cinématographique Marvel, le Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi est sorti en salles depuis mercredi. Intimiste, porté par les superbes performances de Benedict Cumberbatch et Elizabeth Olsen et doté d’une histoire rondement bien menée, le film est assurément une réussite, sur fond d’ambiance flirtant avec l’horreur et d’une réalisation d’une grande lisibilité.

Le véritable point fort du film, c’est assurément son duo principal. On a d’un côté Benedict Cumberbatch qui nous gratifie de sa performance ultime en Strange jusqu’à présent. Assurément, son personnage a de quoi se faire voler la vedette à plus d’un titre, mais son écriture juste et efficace, mêlée à un Cumberbatch d’une constante remarquable dans l’exceptionnel, font que son personnage est là pour nous rappeler qu’il s’agit de son film et qu’il est bien présent. Cumberbatch se laisse aussi aller à son propre plaisir au travers des différentes versions de son personnage, aidant à une performance plus large et à un développement scénariste de Strange plus abouti encore. On notera également la superbe introduction d’America Chavez sous les traits de la jeune Xochitl Gomez : c’est efficace et extrêmement bien retranscrit. De quoi faire plaisir à l’heure où Moon Knight fait grincer des dents certains.

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A côté de tout ça, on retrouve Elizabeth Olsen. Son chapitre en vaut le détour car elle est tout aussi exceptionnelle, portée par un arc scénaristique fort lancé par sa série solo l’an dernier sur Disney+. Pas de doute, WandaVision est indispensable pour bien comprendre le film (et c’est une première), d’autant plus lorsque le rythme voulu par le film l’installe en méchante de façon brutale pour le spectateur. Néanmoins, la logique est respectée. Les enjeux et la construction amènent à obtenir sans nulle doute une Wanda qui est assurément l’une des meilleures méchantes de tout le MCU. Les méchants, comme ce fut le cas pour des Loki ou des Thanos, ont eu besoin de temps pour se magnifier. C’est le cas ici aussi, puisque ce chavirement dans son personnage remonte à plus loin que le propre prisme de ce film.

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Le film possède également une autre attraction : le retour de Sam Raimi dans le genre superhéroïque après sa trilogie sur le Tisseur de Tobey Maguire, démarrée en 2002 par Spider-Man et achevée en 2007 par Spider-Man 3. Raimi propose quelque chose de totalement inédit dans le MCU, repoussant au maximum les frontières autorisés par la classification d’âge pour offrir un film sombre et par moment effrayant. Sa réalisation offre une formidable lisibilité en tout temps et ses propositions visuelles relatives à la magie s’inscrivent parfaitement dans la continuité du Doctor Strange de Scott Derrickson. Raimi n’oublie néanmoins pas ce qui importe grandement : de l’innovation visuelle et des idées vraiment créatives. Le film manque toutefois d’un moment, ou d’une scène clé et marquante, où le spectateur voit son souffle être totalement coupé. On retiendra toutefois les quelques surprises du film, nécessaires quand on entre dans la thématique du multivers. Une chose est sûre, c’est marquant et réussi. En espérant que Marvel décide vite de donner suite à tout ça !

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Ce qui était attendu, c’était bien entendu les enjeux. Le multivers l’impose et la réponse est bien présente avec une histoire haletante de A à Z. Les bases ne prennent pas trop leur temps à s’installer, même si pour autant une scène clé du film, à savoir la révélation du ou de la méchante, est relativement abrupte. Là où l’on patine un peu plus, c’est du côté des conséquences pour la suite du MCU. Comme pour WandaVision, on n’ose pas et on préfère peut-être attendre une autre occasion, un évènement plus fort et groupé pour faire exploser l’ensemble des évènements de cette nouvelle ère post-Saga de l’Infini du MCU. En parallèle, le sujet multivers est quelque chose de relativement « touchy », et il sera fondamental de veiller à la cohérence de l’ensemble à l’avenir, d’autant plus à l’heure où le film installe lui aussi de nouvelles règles qui pourraient mettre à mal cette cohérence d’ensemble (cf. What If… ? ou encore Loki). Légère déception pour la musique de Danny Elfman, qui s’appuie par moment sur quelques fulgurances, mais qui n’offre pas de vraie évolution.

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En outre, Doctor Strange in the Multiverse of Madness est clairement dans le panier haut du MCU. J’ai presque envie de dire qu’il n’y a pas de magie à cela tant la recette est limpide pour une telle réussite : un bon réalisateur à qui on octroie de la liberté pour installer sa vision, un casting formidable, une histoire forte, belle et à enjeux et bien entendu, une cohérence d’ensemble. On notera accessoirement que la recette est la même que pour Les Eternels, injustement critiqué. Marvel est ainsi tout à fait capable de s’appuyer sur ses forces, tout en osant aller plus loin, aller vers de nouveaux horizons. C’est assurément la voie qu’ils doivent continuer à emprunter à l’avenir pour cette Phase 4.

Contenu positif Contenu « négatif »
  • Deux acteurs principaux au sommet de leur art
  • Un scénario qui tient la route offrant des enjeux forts
  • Une très bonne réalisation et des propositions visuelles intéressantes et novatrices
  • Des surprises et du teasing de haut-voltige
  • Manque d’instants grandement marquants
  • Possibles incohérences
  • Musique ponctuellement savoureuse, mais dans l’ensemble pas exceptionnelle
Note : 9 / 10

Le film Doctor Strange in the Multiverse of Madness est réalisé par Sam Raimi et est en salles depuis le 4 mai 2022 avec Benedict Cumberbatch dans le rôle de Stephen Strange/Docteur Strange, Elizabeth Olsen dans le rôle de Wanda Maximoff/Sorcière Rouge, Benedict Wong dans le rôle de Wong, Christine Palmer dans le rôle de Christine Palmer, Xochitl Gomez dans le rôle de America Chavez et Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Karl Mordo.

 

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