Notre critique de la saison 2 de Daredevil: Born Again. Une saison ambitieuse, bien au-dessus de la première, avec Bullseye en révélation et un Fisk génial.
La diffusion de la saison 2 de Daredevil : Born Again s'est achevée hier sur Disney+. Une saison ambitieuse, bien supérieure à la première, portée par une vision claire et des personnages enfin maîtrisés. C'est parti pour la critique ! Attention, spoilers.
Une saison libérée, enfin
Là où la saison 1 souffrait d'une construction bancale, coincée entre les restes d'une ancienne version du programme et une refonte créative en cours, la saison 2 bénéficie d'une vraie carte blanche. Le résultat est sans appel : c'est une série cohérente, dotée d'une identité propre, qui n'essaie pas d'imiter la série originale de Netflix mais assume pleinement d'en être une autre.
Le showrunner Dario Scardapaneimpose une vision lisible de A à Z. La campagne anti-justiciers qui structure la saison est brillante, équilibrant avec habileté les scènes judiciaires et l'action, tout en accompagnant une descente aux enfers de Fisk d'une rare profondeur. Sans hésiter à la comparer aux autres saisons de la franchise, on la place au niveau de la saison 2 de la série originale (2016). Un beau compliment.
Ma note ?8,75 / 10
Ce qui fonctionne très bien
Vincent D'Onofrio, exceptionnel jusqu'au bout
Le Caïd vit une saison particulière : il subit, perd pied, s'effondre sous le poids du deuil avec la perte de Vanessa. Paradoxalement, c'est précisément ce qui révèle des facettes nouvelles et profondes du personnage. Vincent D'Onofrio est exceptionnel de bout en bout. Le personnage a néanmoins épuisé sa relation avec Matt Murdock ; il sera nécessaire de se tourner vers un nouvel antagoniste.
Bullseye : la frustration et la révélation
Chaque scène avec Bullseye frôle la perfection. Il vole la vedette à chacune de ses apparitions et offre, presque à lui seul, un épisode 4 divin. Le pari d'un arc de rédemption est profondément osé et mérite d'être salué. Reste une vraie frustration : son utilisation en pointillés tout au long de la saison, des mini-bouts de scènes éparpillés, alors que le personnage mériterait une place centrale. Par ailleurs, la facilité avec laquelle Matt Murdock "passe outre" leur passé commun (Bullseye est à l'origine de la mort de Foggy et du père Lantom) interroge. Les perspectives pour la suite, potentiellement vers les Dark Avengers, sont en revanche très intéressantes.
Les révélations de second plan
Daniel Blake s'impose comme la vraie révélation de la saison. Tiraillé entre naïveté et manipulation, il apporte un ancrage humain inédit auprès de Fisk. Son duo avec Buck Cashman est l'une des grandes réussites de cette saison, ce dernier se montrant hyper menaçant et offrant des perspectives très prometteuses pour la suite, en autonomie totale vis-à-vis de Fisk.
Kirsten McDuffie, souvent en retrait, s'illustre avec un brio remarquable dans les scènes de tribunal, donnant du poids à son personnage sans avoir besoin d'occuper le premier plan. Heather Glenn, de son côté, voit son évolution vers le côté obscur traitée avec un soin stylistique réel, même si son actrice manque parfois de crédibilité dans les moments les plus intenses.
Une mise en scène qui a du caractère
La réalisation possède une vraie signature visuelle, différente de la série Netflix, et l'assume. L'épisode 5 en flashbacks, qui reprend volontairement les codes de l'époque originale, illustre parfaitement ce choix conscient. La série excelle dans l'art de faire monter l'intensité en entrelaçant plusieurs scènes simultanément, sans forcément recourir à l'action. La fin de l'épisode 7 ou le procès de l'épisode 8 en sont des exemples particulièrement saisissants.
Ce qui déçoit un peu
Matt Murdock, spectateur dans sa propre série
C'est la vraie limite de la saison. Matt reste trop longtemps en retrait, donnant le sentiment d'être second couteau dans son propre programme. Heureusement, l'épisode final lui redonne une place centrale et ouvre un nouveau paradigme inédit pour le personnage avec son arrivée en prison. Les scènes en costume progressent en termes de chorégraphie, mais il manque encore un combat vraiment marquant, du calibre de ce que produisait la série originale.
Karen Page, en dessous des attentes
On nous avait promis une Karen Page plus sombre, prête à aller au danger. Cette promesse n'est que partiellement tenue : il faut attendre la mi-saison pour voir une once de cette évolution, lorsqu'elle embrasse l'idéologie de Frank Castle et menace Bullseye, avant que la situation soit très vite désamorcée. Son rôle d'organisatrice de la résistance, entrevu trop brièvement, aurait mérité bien plus d'espace. Les scènes face à Fisk et Heather Glenn sur la fin sauvent heureusement partiellement le bilan.
Un manque d'ampleur globale
New York est dans un état de crise sans précédent, et pourtant certaines figures héroïques sont aux abonnés absents. Cela nuit à la crédibilité de l'ensemble. Le côté Devil's Reign manque de généralisation. L'absence du Punisher se fait sentir, compte tenu de la puissance de Fisk, de l'évolution de l'unité d'élite et des dangers pesant sur Karen. On espère que The Punisher : One Last Kill apportera des justifications crédibles.
Jessica Jones, elle, arrive comme un cheveu sur la soupe : désintéressée, sans réel impact sur l'intrigue, malgré un background sympa qui lui a été ajouté. M. Charles, génial lors de sa première apparition face à Fisk, perd rapidement toute crédibilité et son charisme s'évapore aussi vite qu'il était apparu.
Conclusion
La saison 2 de Daredevil : Born Again est une vraie réussite, portée par une vision cohérente, un respect profond pour les personnages et des moments franchement marquants. Elle se heurte à quelques déséquilibres dans la répartition des arcs et à un manque d'envergure qui l'empêche de viser encore plus haut. Mais pour les fans de Daredevil, on retrouve quelque chose de vraiment qualitatif : c'est du très bon travail. Bien bien au-dessus de la saison 1.
Et vous, quelle a été votre plus grande satisfaction de la saison ? Bullseye, Fisk, ou l'épisode 8 ?
Le maire Wilson Fisk impose sa loi sur New York et traque l’ennemi public numéro un : le justicier de Hell’s Kitchen, Daredevil. Dans l’ombre, Matt Murdock tente de résister, bien décidé à faire tomber l’empire corrompu du Caïd et à sauver sa ville. Résister. Se rebeller. Reconstruire.
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